LE RETOUR .
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Fin
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Fin
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la base avec le glacier et le continent en arrière-plan
J’ai eu la chance de pouvoir accompagner les ornithos lors de leur comptage annuel des manchots Adélie… par photo aérienne !
L’hélicoptère survole une à une, à 300/400m d’altitude, toutes les colonies de l’archipel.
Nous prenons des photos sur lesquelles seront dénombrés les nids de manchots.
phoques surpris en pleine sieste
manchots Adélie rejoignant leurs nids, ça grouille !
les rivières qui découpent notre banquise
bien étrange de visualiser notre terrain de jeu d’en haut !
Tout simplement magique !
Ah, qu’ils grandissent vite nos petits Empereurs!
Ils sont désormais en train de revêtir un belle tenue de plumes lisses et imperméables, et vont bientôt pouvoir faire leur premier plongeon !
Oui, mais l’eau libre ne semble pas se décider à montrer le bout de son nez cette année !
Je suis très égoïstement ravie, de pouvoir profiter aussi longtemps de cet immense terrain de jeu, malheureusement, celui-ci commence à devenir embêtant pour nos chers voisins…
Nos jeunes Empereurs s’éparpillent dans tout l’archipel à la recherche de la mer, ils sont beaux et forts, mais la dépense énergétique de la mue est énorme, et leurs parents ne les nourrissent plus beaucoup, donc il va falloir rapidement qu’ils donnent leur premier coup d’aileron dans l’eau et y trouvent de la nourriture. Je ne suis pas sure qu’ils soient capables de supporter les 10 kms de trajet qui les séparent de la polynie !
Pour nos petits teigneux d’Adélie c’est aussi un problème : 10 kms c’est beaucoup pour leurs petites pattes ! Alors ils doivent jeûner moins longtemps, pondre moins d’œufs, pour conserver assez d’énergie pour pouvoir retourner à l’eau.
Mais tout est encore possible…
Tenez, par exemple, notre cher Astrolabe a finalement réussi à s’extraire des glaces (on n’y croyait plus !)
… et comme un miracle n’arrive jamais seul…
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Mais quelle est cette petite créature étrange ? Et oui ! les petits teigneux (appelés plus couramment manchots Adélie) sont de retour.
L’un d’eux courait au milieu de ses aînés Empereurs, qui eux continuaient d’avancer placidement en dodelinant de la tête. En regardant cette petite bestiole, j’ai eu l’impression que quelqu’un avait appuyé sur la touche avance rapide du magnétoscope. Car il court, il court, il court ...le manchot Adélie.
Je trouve que ces 2 espèces de manchots illustrent bien les deux phases de la vie à DDU :
L’hiver, tout ralentit, les jours sont courts, la base, comme la manchotière subissent le mauvais temps, c’est le calme et l’endurance qui prédominent avec les Empereurs.
L’été, ça fait du bruit, ça grouille de vie, ça court de partout. ! avec les oiseaux volant et les Adélies sur tous les rochers.
Nous aussi, avec plein de boulot, nous courons dans tous les sens, l’été est court et il y a tellement à faire !!
L’arrivée de ces petites bestioles, c’est une page qui se tourne : la Campagne d’Été arrive !!
Tout a un air de printemps à DDU, les oiseaux reviennent et emplissent de nouveau le ciel.
Les « bibi » phoques poussent dans tous les coins de la banquise.
Immuables, nos empereurs continuent inlassablement leurs aller-retours pour nourrir leurs bébés… Bébés qui commencent à être bien grands …
L’Astrolabe, le bateau qui va mettre fin à nos huit mois d’isolement, est parti de Hobart il y a trois jours déjà !!
Sur la base tout le monde s’active pour préparer leur arrivée, on frotte on range, on aménage… Tout le monde s’active dans tous les sens. Les journées sont longues désormais, ça tombe bien !
Quelques photos en vrac :
Rivière : il s’agit de fentes qui parcourent la banquise et qui sont de plus en plus visibles. Au chaud sous la neige, la glace fond !!!! Gare à l’hivernant qui oublie de sonder le sol avec son bâton !
Souvenir d’une belle balade
Descente au flambeau, pour profiter des dernières heures de nuit…
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Bibi phoque :
Un dimanche, j’ai eu la chance de trouver les premiers bébés phoques de cette année !
Deux femelles !!!
Trop craquantes avec leurs grands yeux et leur fourrure de peluche.
Il s’agit de phoques de Weddell qui se reproduisent dans notre archipel.
On rencontre aussi parfois des phoques de Ross et des phoques Crabier.
Ces deux espèces se reproduisent dans le pack, sur la glace flottante, en bordure de banquise.
A cette période, les femelles sont énormes non seulement en raison du bébé phoque qui arrondit leur ventre, mais aussi parce qu'elles ont accumulé d'importantes réserves afin de le nourrir dès sa naissance.
En effet, durant le 1er mois de croissance, la femelle reste en permanence avec son petit et ne se nourrit plus.
Comme l’été ici est très court, le jeune phoque, « le veau », a une croissance très rapide et consomme une grande quantité d’énergie.
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Les poussins grandissent toujours, malgré le froid et les pétrels géants qui rôdent et attrapent les poussins isolés.
Ils ressemblent à des peluches !
Ils sont désormais capables de se protéger du froid, et ne nécessitent plus en permanence la présence d’un adulte à leur côté. Aussi, les parents multiplient les aller-retours jusqu’à la mer pour se nourrir. (hé, hé c’est que ça mange un poussin en croissance !)
Pour se protéger du froid, les petits se regroupent au milieu des grands, et forment des crèches.
Lorsque le vent se lève, ils peuvent ainsi se serrer en tortues, comme leurs parents, pour se tenir chaud.
Bonus :
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Inquiète, je suis retournée la voir mercredi.
Diagnostic : cicatrisation en bonne voie !
Le trou béant se recouvre peu à peu de glace ; Ouf !
Comme la glace s’épaissit, les animaux ne peuvent plus sortir qu’en certains endroits, ce qui facilite leur observation.
Les manchots bondissent hors de l’eau, puis « tobogginent » (méthode de déplacement en glissant sur le ventre) le plus rapidement possible jusqu’à la banquise. Il ne faut pas traîner sur la glace fine, car c’est le terrain de chasse préféré du léopard des mers…
C’est un très beau spectacle de les voir apparaître d’un coup, ils bondissent dans les airs, puis retombent presque toujours sur leurs pattes !
Désolée, je n’ai pas de photo à vous montrer, nous avons guetté pendant de longues et glaciales minutes, mais ce n’est qu’au moment où nous rangions nos appareils photos qu’un groupe de manchots s’est décidé à sortir ! grrrrrrh
Des groupes se forment et se mettent en marche.
Ils ont une dizaine de km à parcourir pour arriver à la manchotière. (J’estime qu’actuellement avec la neige ils avancent autour de 3km/h)
Certains manchots profitent aussi du trou pour venir respirer.
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Les manchots sont des oiseaux hautement sociaux (c’est en effet indispensable, pour pouvoir supporter ses dix voisins de tortue, contre lesquels on se serre, durant l’hiver !)
Bébé manchot commençant à voler de ses propres pattes, il laisse ainsi du temps à ses parents pour se faire de nouveaux amis.
Les petits bonhommes bleus (ou rouges…) qui traînent autour de la manchotière, les jours de beaux temps, sont de très bons candidats (ben oui, ils semblent souvent démunis à rester plantés un peu à l’écart sans trop bouger).
Les bestioles curieuses vont donc à la rencontre des petits hommes bleus…
C’est comme ça que j’ai fait la connaissance d’ Hector. Je faisais le tour de la manchotière avec Framboise lorsqu’il s’est précipité à notre rencontre. Nous avons un peu joué tous les deux, puis il nous a suivies nous accompagnant sur la fin de notre tour. Je l’ai alors invité à venir boire un chocolat chaud, mais il a refusé, n’osant pas s’éloigner autant de sa progéniture. Dommage….
NB : Ce n’est pas une blague. Les manchots sont vraiment très curieux, il y en a toujours un ou deux qui viennent nous observer dès que l’on s’approche de la manchotière. Il y aurait même un pari, visant à essayer d’entraîner les curieux pour un tour entier de manchotière (record à battre = ¾ de tour !…)
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Précédemment, Je vous parlais de la polynie menaçante, toute proche de la base !
Bien sûr, je n’ai pas pu résister à la curiosité d’aller voir celle-ci de plus près…
Nous sommes partis à 6 pour « la mer », samedi 17 septembre, en début d’après-midi,
Direction : l’île du débarquement :
Un groupe de phoques fait la sieste au pied de l’île.
La polynie vue depuis l’île du débarquement (distance = environ 1km)
Les abords de la polynie sont très fréquentés.
On peut y voir, en plus des phoques, moult petits groupes de manchots empereurs et de nombreux oiseaux volants.
Certains auraient même aperçu un léopard des mers…
Nos voisins manchots sont sûrement très heureux d’avoir un point de ravitaillement aussi proche de la manchotière, à seulement 10 km!
Une petite remarque : L’eau que vous voyez sur ces images provient bien de l’océan, mais ce n’est pas l’océan.
Une polynie est un trou d’eau libre au milieu de la banquise et du pack !
Aucun bateau ne pourrait, depuis la Tasmanie, atteindre notre polynie, car elle est séparée de l’océan par des kms de banquise !
je vous met une vue satellite qui est malheureusement un peu vieille, du mois de juin ! La polynie, c’est le trou noir.Tout autour, c'est la banquise .
CCL : même si on a peur que cette polynie s’étende et mange notre chère banquise, je dois dire qu’elle est bien attrayante !
On pourrait y passer des heures à regarder tous les animaux qui grouillent à proximité, ou à simplement contempler l’évolution de la lumière et de ses reflets sur l’eau et la glace !
Pour terminer, sur le chemin du retour, la banquise s’est enflammée en un joli coucher de soleil, tout autour de nous.
Une bien belle fin, pour une belle balade !
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